Christian Lemelin

PLUS DE 330 CANADIENNES AU SEIN DES ÉQUIPES AMÉRICAINES

HOCKEY UNIVERSITAIRE FÉMININ

On peut se réjouir du fait que notre sport national connaisse un rayonnement planétaire, qu’il essaime dans de nombreux pays.

Mais peut-il y avoir un effet pervers sur le développement de nos propres structures, de nos propres organisations et, conséquemment, de nos jeunes hockeyeuses, quand on constate le grand nombre de nos joueuses de niveau universitaire qui poursuivent leur parcours aux États-Unis? Vu d’un autre angle, est-ce que nos structures, nos organisations et nos institutions sont à la hauteur du défi que représentent les universités américaines, est-ce qu’elles sont à la hauteur des attentes des étudiantes canadiennes?

Que peut-on faire pour retenir, ici, au Canada, les étudiantes/hockeyeuses qui choisissent les institutions américaines? Qu’est-ce qui motive les hockeyeuses à se fondre à un système, à contribuer à son essor et à relever son niveau de compétition, quand ce même système produit des équipes qui, par la suite, viennent battre les nôtres?

Les 41 universités américaines qui offrent un programme de hockey féminin regroupent près de 1100 joueuses. De ce nombre, on recense 333 Canadiennes, dont 26 Québécoises. La majorité de ces joueuses sont originaires de l’Ontario. Et ce ne sont certainement pas les moins bonnes puisque, bon an, mal an, plus ou moins 95% des joueuses sélectionnées pour former Équipe Ontario M18 optent pour les institutions américaines. Dans six universités américaines on compte plus de la moitié des joueuses qui sont originaires du Canada. Une seule, Sacred Heart, n’en a aucune.

Est-ce normal que tant d’Ontariennes traversent la frontière pour poursuivre leurs études et continuer de jouer au hockey?

Autre réalité, chez nous : est-ce normal qu’une seule université francophone ait sa place dans le circuit féminin québécois?

Un comité se penche actuellement sur la situation du hockey, au Québec.

À l’évidence, pour redonner un nouveau souffle à ce sport qui, pour plusieurs d’entre nous, occupe une partie de nos vies depuis plusieurs décennies, il faudra trouver des solutions réalistes et documentées, basées sur des faits, opinions, commentaires et propositions venant de ceux et celles qui (athlètes, entraineur.es, gestionnaires, parents, bénévoles…), quotidiennement, vivent dans ce milieu.

Peu importe la voie qui sera proposée ou choisie, il ne faudra jamais rien tenir pour acquis car les jeunes, aujourd’hui, ne manquent pas d’options quand ils veulent s’exprimer sur la scène sportive.

Opinions et témoignages sont bienvenus.

Photo Marc-Antoine Hallé / Titans de Limoilou

Publié par Vise L'Excellence inc. le | 7 janvier 2022